Le 23 novembre 2024, à l'occasion du 80e anniversaire de la Libération de Strasbourg, Emmanuel Macron annonce l’entrée de Marc Bloch au Panthéon.
Le 16 juin 2026, soit 82 ans après son arrestation par la Gestapo, Marc Bloch, figure éminente du monde universitaire et académique et de la résistance sera transféré au Panthéon aux côtés de 84 autres grands Hommes (77 hommes et 7 femmes) parmi lesquels René Cassin, Marie Curie-Sklodowska, Alexandre Dumas, Victor Hugo, Joséphine Baker ou encore Robert Badinter (entrée le 9 octobre). Symbole de la reconnaissance de la nation envers Marc Bloch et les actions qu’il a pu mener au cours de sa vie, cette panthéonisation a d’autant plus de sens pour les membres de la communauté universitaire de Paris 1 Panthéon-Sorbonne que ce dernier est un universitaire ayant - par sa passion pour la transmission et son engagement - grandement contribué à faire la réputation prestigieuse des universités en France.
Marc Bloch
Né le 6 juillet 1886 dans une famille juive alsacienne ayant fait le choix de la France en 1870, Marc Bloch entre, comme son père avant lui, à l’École normale supérieure de la rue d’Ulm en 1904, puis est reçu à l’agrégation d’histoire et de géographie en 1908. Il est professeur de lycée lorsqu’éclate la Première Guerre mondiale, où il combat, sur le front, au début comme sergent. Revenu avec le grade de capitaine, il reprend et achève sa thèse, consacrée aux serfs d’Île-de-France et à leur affranchissement par les Capétiens, et devient maître de conférences à l’université de Strasbourg en 1919. Professeur dans cette université entre 1921 et 1936, il publie en 1924 l’un de ses maîtres ouvrages, Les Rois thaumaturges, fonde avec Lucien Febvre la revue des Annales (1929), véritable tournant pour les sciences humaines et sociales. Il poursuit son étude de l’histoire rurale du Moyen Âge au travers des Caractères originaux de l’histoire rurale française (1931). En 1937, il occupe la prestigieuse chaire d’histoire économique de la Sorbonne, poste qu’il perd avec l’arrivée du maréchal Pétain au pouvoir et la promulgation du statut des juifs en octobre 1940. Celui qui s’était engagé volontaire pour servir une nouvelle fois la France, malgré son âge, la maladie et une famille nombreuse, n’est réintégré dans ses fonctions qu’en janvier 1941, mais comme simple chargé de cours à l’université de Strasbourg, repliée à Clermont-Ferrand, puis à l’université de Montpellier. L'effondrement militaire du pays et le naufrage de la IIIe République lui inspirent L’Étrange défaite, et malgré des conditions de travail particulièrement difficiles, il écrit entre 1940 et 1943, son plaidoyer pour la méthode historique et le métier d’historien (Apologie pour l’histoire ou le métier d’historien), qui, comme L’Étrange défaite, paraît de manière posthume après la guerre. Entré dans la clandestinité et engagé dans la Résistance à partir de 1943, il est arrêté le 8 mars 1944 à Lyon, torturé et exécuté par la Gestapo le 16 juin 1944.
À l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, il a légué de son vivant l’Institut d’histoire économique et sociale, fondé en 1938, et, de manière posthume, sa bibliothèque, confisquée et expédiée en Allemagne par l’occupant nazi à la fin de l’année 1940 et dont le Laboratoire de médiévistique occidentale (LaMOP) est aujourd'hui le dépositaire. Des cours d’histoire sont donnés quotidiennement dans la salle qui porte son nom dans la Sorbonne.
Les dates clés
- 6 juillet 1886 : naissance à Lyon
- 1908 : reçu à l’agrégation d’histoire et de géographie
- 1919 : nomination comme maître de conférences à l’université de Strasbourg
- 1920 : parution de Rois et Serfs, un chapitre d’histoire capétienne, issu de sa thèse de doctorat
- 1924 : parution des Rois thaumaturges
- 1929 : fondation, avec Lucien Febvre, de la revue des Annales d’histoire économique et sociale
- 1931 : parution des Caractères originaux de l’histoire rurale française
- 1936 : élection comme maître de conférences d’histoire économique et sociale à la Sorbonne
- 1937 : nomination comme professeur d’histoire économique à la Sorbonne
- Février 1938 : création de l’Institut d’histoire économique et sociale, à la Sorbonne, avec Maurice Halbwachs
- Septembre 1939 : publication du premier tome de La Société féodale (le second tome sort en janvier 1940)
- Octobre 1940 : exclu de la fonction publique du fait du statut des juifs
- 1943 : entre dans les réseaux de résistance Franc-Tireur et dans les Mouvements unis de la Résistance
- 16 juin 1944 : assassiné par la Gestapo à Saint-Didier-de-Formans
- 1946 : parution de L'Étrange défaite
- 1949 : parution d’Apologie pour l’histoire ou le métier d’historien, réédité en 1993 avec une préface de Jacques Le Goff
Les évènements
Marc Bloch : vie, combats, héritages, panthéonisation
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